Tangon-minute
Recette à l'attention des bricoleurs pressés et autres
tête-en-l'air.
Ingrédients
- deux tasseaux de pin sans noeud
"Bricomachin" environ 50 mm par 25 de section, 2,40 m de long mini
(dimensionsjoyeusement aléatoires pour un meilleur fini
"bricolo du dimanche soir à la bourre")
- colle epoxy (ou autre, mais faut
quand-même que ça tienne)
- un mousqueton inox suffisamment gros
pour que le bras de spi passe dedans
- garcettes, chutes de drisse
Recette
- plumer, vider et nettoy... euh,
évider les tasseaux à la défonceuse
(ça va plus vite) ou à la gouje (ça va
pas vite) sans aller jusqu'aux
extrémités; si les tasseaux sont
gondolés (ce qui est généralement le
cas), évider la face concave de chaque tasseau, pour collage
concave/concave.
- coller les tasseaux creusés
(creux à l'intérieur), en essayant autant que ce
peut de faire un collage droit (à grands renforts de
serre-joints, si vous pouvez coller sur une matrice ("guide" droit
vissé dans le sol) c'est encore mieux. Pour ma part je ne
l'ai pas fait, et ça se voit.
- une fois sec : poncer pour enlever les
bavures de colle. Tracer sur les extrémités un
cercle parfait (ou un ovale, si la section est rectangulaire, ou une
patatoïde, si la section est du grand n'importe quoi.)
Inscrire le cercle/ovale/patate dans un octogone et raboter le futur
tangon pour obtenir une section octogonale.
- on peut recommencer
l'opération en rabotant la section en
hexadécagone (16 côtés donc) pour
parfaire le cercle, je ne suis pas allé jusque-là
(on s'éloigne du concept tendentiel du tangon cheap et roots
qui l'affiche haut et fort, et en couleurs)
- gros coups de ponceuse pour arrondir les
angles de l'octogone, ponceuse fine pour adoucir la
granularité du bois, finition au papier 120 à la
main. Il est maintenant temps de faire les fixations.
- côté cloche, une
encoche pour passer dans l'anneau, et un bout dans l'autre sens pour
maintenir le tangon sur l'anneau. Et c'est tout.
- côté bras, on
creuse l'extrémité à la
défonceuse pour y loger un mousqueton.
- Notez l'étude
poussée de la forme de l'extrémité qui
facilite l'ouverture du mousqueton (étude
entièrement réalisée au canif, et
d'ailleurs revue depuis cette photo, car le bras risquait de s'appuyer
sur le mousqueton, et non sur le tangon). Le
mousqueton est tenu en place par un boulon qui traverse le tangon de
part en part, et par un superbe circlip en plastique translucide qui
l'empêche de sortir de son logement (ici non fermé
pour pouvoir passer la lasure).
- phase finale : la finition. un bon coup
de lasure à la truelle (un reste de lasure de la cabane du
jardin). Un look intemporel. Le pire, c'est que de loin l'illusion est
parfaite !

A l'usage: le tangon s'est révélé malheureusement trop court.
Pas au point de ne pouvoir l'utiliser mais sur les allures de largue/grand largue le spi rague sur l'étai.
Le point d'attache à la cloche est assez capricieux dès que le spi joue à "gonflette/déglonflette" dans
le sens où il a tendance à se déboîter de l'anneau. Heureusement, le spi faisant à tout casser une vingtaine
de mètres carré, il suffit de peser un peu dessus pour le remettre en place. Fastoche. Quand on vous dit
que les petits bateaux sont les meilleurs.
Pour le look... alors là, pour le look, c'est l'apothéose. Imaginez ce tangon en bois verni (euh, lasuré)
qui pointe un doigt volontaire sur l'horizon inconnu (à moins que, le hâle-bas ayant rompu, il ne pointe
plutôt un doigt volontairement insultant à l'égard des concurrents de régate), les éblouissants éclats du
soleil se reflétant dans le vernis, non, la lasure, immaculée.
En bref, ça en jette. J'en viens à rêver d'un mât et d'une bôme en bois, mais le surpoids risque d'annuler
complètement le couple de redressement généré par la quille. Ce serait ballot.

Ze
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